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La Patagonie, une patrie de l’âme et de l’esprit

raspail
Explorateur, écrivain, romancier de grande envergure, Jean Raspail à beaucoup écrit et voyagé en Patagonie. Depuis Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie à  Adios Tierra del Fuego ou encore Qui se souvient des Hommes, la Patagonie fût pendant longtemps son domaine de prédilection, sa meilleure expression sur laquelle nous reviendrons dans de prochains articles.
Ses pensées et ses images sont très clairement illustrés dans la préface de Jean Raspail à  Enfer blanc de Patagonie, de Jean-Louis Hourcadette parût aux éditions Nathan en 1985.
Le récit de quatre français qui dans les années 80 ont tentés la traversé intégrale du Hielo Continental, 3ème glacier continental dans le sud du Chili. A ce jour le défi reste entier…

“Sans doute Dieu a-t-il créé la Patagonie dans un accès de colère…

C’est une des terres les plus rudes du monde. Avec les Andes médianes en épine dorsale, elle est plantée comme un coin très allongé dans l’océan Austral, le cap Horn et la Terre de Feu au sud, au nord le 40e parallèle qui marque la frontière climatique. Entre ces limites séparées par deux mille kilomètres, la Patagonie pourrait contenir deux fois la France en son entier et ne compte, hors des quelques villes isolées de la côte, pas plus de deux cent mille habitants.

Il y a trente ans, jeune écrivain-explorateur, j’y fis un très long voyage, suivi d’un autre plus tard. La Patagonie occupe toutes mes pensées, envahit les rayons de ma bibliothèque, peuple mes vitrines, excite mon imagination et s’étend jusqu’aux romans que j’écris, à  tel point qu’elle m’est devenue comme une seconde patrie, parfois même la première quand mon propre pays, la France, semble par trop s’éloigner de l’idée que je m’en fais. La Patagonie est une patrie de l’à¢me et de l’esprit. On peut l’emplir tout entière de ses chimères et je n’y ai pas manqué, à  la suite d’Orélie-Antoine 1er, roi de Patagonie, qui régna là -bas en 1860 et dont je m’honore d’être aujourd’hui l’unique consul général. On peut aussi l’emplir de sa mélancolie. Darwin, en 1835, l’avait déjà  excellemment définie: en parfait Britannique, il jugeait « irrésistibles ses qualités négatives ». Roger Caillois, académicien voyageur, la baptisa « contrée toute d’espace et d’appel qui compose sur le sol un site comme il faudrait avoir l’âme ». Mais c’est Blaise Cendrars, le magicien, qui a le mot le plus vrai: « Rien ne convient plus à  mon immense tristesse que la Patagonie… » Pour des millions d’individus migrateurs de vacances, le Sud exprime le soleil, la molle chaleur, la facilité, la vacuité. Là -bas, en Patagonie, le Sud signifie tout le contraire. Au moins une fois dans sa vie, il faut savoir se tromper de Sud. C’est ce qu’ont admirablement compris, au péril de leur vie, Jean-Louis Hourcadette et ses compagnons…

Que je décrive tout d’abord ce pays: plus que tout autre, c’est par sa nature impitoyable qu’il envoûte. La Patagonie a un roi naturel, le vent. Il y souffle en tempête les trois quarts de l’année et détruit toute tentative de la végétation de se hausser au-dessus de l’élévation d’une touffe d’herbe. Quand je plantais ma tente, le soir, je devais le plus souvent m’y employer en rampant, plaqué au sol, pour ne pas être emporté par ce vent d’outre-monde que les habitants de la Patagonie nomment tout simplement el viento, le vent, comme ils diraient Dieu, en se signant les nuits d’ouragan. En Patagonie chilienne, sur l’autre versant des Andes, là  où la côte n’est plus qu’un terrifiant labyrinthe de rochers soumis à  toutes les tempêtes de l’océan Pacifique mal nommé, le vent est accompagné de sa reine impitoyable, la pluie.

Elle y étend son voile opaque trois cents jours par an, faisant naître sur les basses pentes des Andes un foisonnement de forêts monstrueuses et impénétrables. A l’extrême sud, enfin, le vent et la pluie s’allient à  un troisième génie maléfique, la neige, et ses serviteurs polaires que sont la glace, la grêle et le grésil, pour envoyer au martyre les rares êtres humains pris dans les tourmentes de leurs embrassements. Au détroit de Magellan, au cap Horn, sont morts bien des navires de vingt nations maritimes, dont la nation bretonne qui a laissé là -bas, dans ce cimetière marin, des équipages entiers des meilleurs de ses fils. Naviguant dans les parages de l’île Désolation au nom prédestiné, j’ai même vu les croix symboliques, hautes vergues décharnées d’un trois-mâts qui émergeaient encore de l’eau… Et j’ai bivouaqué à  Port-Famine, sur le détroit de Magellan, un site abandonné qui fut la première capitale de la Patagonie australe, au temps des conquistadors. En 1585, Andres de Viedma, capitaine général, y tenait garnison pour le roi d’Espagne. Trois ans plus tard, quand débarqua à  Port-Famine le corsaire anglais Cavendish, le fort n’était gardé que par des squelettes. D’autres pendaient à  des gibets. Les cadavres étaient encore dans les maisons où ils étaient morts de faim. Il ne subsiste de cette ville que son nom. Y avoir passé la nuit, seul, sous le poids de tant de souvenirs, restera pour l’éternité l’une des grandes émotions de ma vie… Plus loin, au cap Froward, l’air était empli d’un vacarme de fin du monde.

C’était un glacier qui se brisait et tombait dans la mer, opéra familier de la Patagonie australe.

Mais là -haut, c’est pire encore. Là -haut, c’est la montagne, la cordillère des Andes et le terrible Hielo, cet immense plateau glaciaire où sévit la plus effroyable météorologie du monde. Un de mes amis, Lionel Terray, premier vainqueur du Fitz Roy, y avait souffert autrefois jusqu’à  l’épuisement. « C’était, disait-il, la conquête de l’inutile… » Après Blaise Cendrars, toute la Patagonie est ramassée dans ces mots. Et c’est là -haut, sur le Hielo, que Jean-Louis Hourcadette et ses compagnons ont vécu près de trois mois, «ermites glaciaires, fous de vent, aveugles de brouillard, dans des conditions suicidaires», si bien qu’ils furent donnés pour morts et qu’à  leur réapparition quasi miraculeuse, ils durent, comme l’écrit Hourcadette, «réapprendre à  rire». C’est ce récit que vous allez lire. Il dépasse l’aventure, il dépasse l’exploit, il enfonce le bon sens. C’est un récit initiatique.
Et pour quoi? Par quelle folie? Par quel besoin de dépassement? Son cosas de Patagoniaun proverbe de là -bas. Ce qui signifie à  peu près: c’est la Patagonie, que personne ne cherche à  comprendre…”

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JB Vannier

Depuis 2005 à Buenos Aires, Jean Baptiste Vannier avec Latitud Argentina organise des voyages sur mesure en Argentine avec des extensions au Chili, en Bolivie et au Pérou.
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