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Histoire

Histoire de l’Architecture Argentine (1880-1916)

argentine 1900

L’Architecture Argentine de la période 1880 à 1916
La génération de 80 entreprend une politique claire: attribuer le plan culturel aux français, l’économie aux anglais et l’évolution démographique avec l’immigration Italienne.

La période antérieure a servi de substrat à ces réalisations qui avait le large soutien public et de l’élite.
C’est vrai également pour les villes de l’intérieur.
Rappelons qu’en 1865 ont commencé à apparaitre les transvia (tramway tracté par des chevaux) et le réseau ferroviaire s’est considérablement agrandit jusqu’à des quartiers comme Belgrano, Flores, Once et la Boca qui se sont formés avec l’expansion démographique de Buenos Aires.

Dans la décennie précédente des Argentins se sont formés en Allemagne sur les nouvelles techniques d’infrastructures fonctionnel,d’hygiène, illumination des ville et des édifices.
C’est en sorte la rupture entre l’architecture «bel-art» et l’architecture comme «science et technique”, qui confie l’infrastructure aux ingénieurs et l’alignement sur l’École des Beaux Arts de Paris.

L’architecture des années 1880 a été éclectique, avec l’exception des services publics entièrement confié aux ingénieurs.
Cette génération accomplit le vieux rêve de Rivadavia et sa politique orientée essentiellement sur la fonction économique du pays pour tenter de prendre une place dans l’orchestre des échanges au niveau mondial en transformant le pays en un fournisseur de matières premières et de produits manufacturés: cela passe par la construction et le développement des canaux, ports, ponts, marchés, magasins et l’extension des chemins de fer.

L’idée du boulevard était la préférée des maires tandis que Carlos Thays officie pour embellir les villes de parcs et jardins. Les disciples du baron Haussman suivent les plans réglementaires pour des villes comme Rosario et Buenos Aires.

Le tracé de l’Avenida de Mayo, et sa continuation avec l’avenue Rivadavia parcoure la ville d’Est en Ouest.
L’usage du béton armé et l’apparition des ascenseurs permet l’édification de hauts bâtiments, le premier gratte-ciel, la galerie Güemes a été construit entre 1913 Galerie et 1915, avec 14 étages et 90m de hauteur.

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Avenida de Mayo en 1904

La volonté de se munir de bâtiments officiels prestigieux conduit la construction du Palacio del Congreso (pouvoir législatif abritant l’assemblée et le sénat), la construction du Théâtre Colon, le palais des Tribunaux, le vieux fort disparait et laisse la place à la Casa Rosada. L’architecture des écoles et universités n’échappent pas à cette volonté et son construit comme des Temples du Savoir.

Les grandes familles comme les Paz, Bosch, Errazuriz et Ferreira commandent leurs projets construction de résidence, de petit hôtel, à des architectes parisiens comme Louis Sortais ou René Sergent.
Tous ces changements se transmettent au reste du pays mais son intensité baisse en proportion à la distance qui les séparent de la capitale.

L’immigration a apporté une variété de styles architecturaux, des villas cossues en périphérie de Buenos Aires à l’architecture populaire du quartier de La Boca sont à l’image de ce cosmopolitisme.
Après 1880, il y a une fièvre immobilière dans la construction de logements avec des prêts à long terme et à faibles taux d’intérêt offerts par les banques. C’est la course au prestige des différentes communautés espagnole, italienne, française…

La ville de La Plata est crée pour être la capitale de la province. son tracé urbain rompt définitivement avec le passé hispanique. Dardo Rocha conçoit des larges rues coupées à angle droit semée d’espaces en diagonale, des parcs, des places et des jardins.

La contrepartie de la “Belle Epoque” est le “conventillo” qui a commencé à constituer un grave problème urbain. Ces résidences communautaires insalubres habitées par les classes populaires se développent et sont la réponse à l’apparition des beaux quartiers.

Les fêtes du Centenaire de l’indépendance trouve le pays en pleine euphorie et témoigne de son cosmopolitisme, bien que les graves problèmes de société sont mis en exergue par les mouvements socialistes et anarchistes qui contestent l’ordre établi.
Plus profondément, la population créole (criolla) se retrouve en marge du “progrès” et s’estime lésée par l’élite dirigeante qui favorise l’immigrant nouvellement arrivé à son détriment. L’essence nationale est repensée et des écrivains comme Ricardo Rojas et Manuel Galvez y jettent les fondements pour positionner la classe moyenne naissante.

Les ingénieurs Buschiazzo et Muñoz Gonzalez s’interrogent sur ce que doit être le style national de l’architecture argentine. En 1914, Noël Martin souligne les valeurs romantique de l’architecture américaine et un an plus tard apparait la “Revue de l’Architecture” dirigée par des étudiants.
Les élèves ont écrit dans la revue:

Notre architecture sera le reflet des sources de notre histoire selon des exigences naturelles et du climat qui seront les fondements des œuvres à réaliser. L’ère coloniale dans le temps, l’Amérique Subtropicale dans l’espace. Voici deux points de vue nécessaires bénéfiques dans le futur pour répondre à la formation d’une école et d’un art national dans notre architecture.

Les approches théoriques se trouvent dans les écrits de Martin Noel, Angel Guido et Hector Greslebin. Martin est le pionnier dans la divulgation de la valeur intrinsèque de l’architecture d’Amérique latine et son admiration l’amène à proposer d’abandonner le cosmopolitisme adhérant à un nationalisme fondé sur la relation entre l’histoire et l’architecture.
Sa situation politique dans le Comité de l’Union Civique Radicale lui permet la conservation des œuvres, comme le Cabildo de Lujan.
Il a été l’architecte de l’actuel Museo de Arte Hispanoamericano – Isaac Fernández Blanco (1422 rue Suipacha) et l’estancia Acelain pour Enrique Larreta à Tandil.

Il était essentiellement hispaniste et a cherché à intégrer des éléments régionaux et des matériaux locaux: poterie Talavera, portes de Cordoba, portail du baroque andalou…
En 1922, s’est érigé le Teatro Nacional Cervantes en enlevant la façade de l’Université Alcala de Henares.

Ces architectes mentionnés donnent le coup d’envoi à une réévaluation du passé architectural argentin qui peut coexister avec d’autres expressions aussi valeureuses.

Cette vision valorisante force peu à peu la prise de conscience de la nécessité de sauvegarder le patrimoine architectural argentin.

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JB Vannier

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