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Livres

Alfred Ebelot de la Pampa et des Gauchos

ebelot
En 1889, Alfred Ebelot revient à  la littérature quand il comprend que le monde qu’il a connu est sur le point de disparaitre. Il écrit et publie alors à  Paris le livre intitulé La Pampa (1890). Considéré par les spécialistes comme l’un des livres le plus authentique sur les coutumes argentines des habitants des plaines de la Pampa. Des chapitres entiers sont dédiés aux femmes gauchos, aux chinas; un témoignage riche est important pour connaître et comprendre l’articulation de cette société si particulière. D’autres chapitres, sur le recado (la selle du gaucho), sur les combats de coq (gallera ou riñas de gallos), une distraction culte chez les gauchos, sur son cheval… sont une source de connaissances et d’études précises. Un témoignage digne des écrits célèbres de Leopoldo Lugones et de Ricardo Güiraldes.

Alfred Ebelot (1839-1920):

Ingénieur, journaliste et écrivain arrive à  Buenos Aires en 1871. En désaccord avec le régime de Napoléon III il avait refusé de continuer sa carrière de fonctionnaire. Il deviendra alors secrétaire de rédaction à  la Revue des Deux Mondes, une publication respectée dans les cercles intellectuels d’Europe et d’Amérique puis il viendra tenter sa chance en Argentine.

Buenos aires connaissait alors une époque de transition. Elle était encore un “grand village” dont les limites s’ouvraient sur un grand désert vert. Le pays comptait à  ce moment moins de 2 000 000 millions d’habitants et une communauté française de 32000 âmes, la troisième en importance.
Ebelot, le journaliste, fonda un journal – Le Républicain – pour défendre les idées de Gambetta à  l’heure où l’Empire laissait la place à  la IIIe république après la défaite de 1870 contre les prussiens. A cause de la grande épidémie de fièvre jaune qu’à connu Buenos Aires, le journal cesse brutalement sa publication. Ebelot, l’ingénieur français, chercha de nouveaux horizons. Le gouvernement de l’époque l’engagea pour diriger la construction de la “zanja de Alsina et pour accompagner le général Roca dans la “conquête du désert”.
zanja de alsina

La zanja de Alsina:

Littéralement le fossé qui porte le nom de son instigateur et réalisateur avait pour fonction de se garder des malones (malón – razzia) des indiens ranqueles (rankul) et pampa qui régulièrement venaient piller et emporter femmes et bétails. Un projet d’excavation de 600km (400 seront creusés) pour unir les fortins depuis Fortin Cuatreros (Nueva Roma – Bahà­a Blanca) jusqu’à  la frontière sud de Córdoba (Italo – laguna La Amarga). 5 postes de commandement on été installé (Puan, Carhue, Guamini, Trenque Lauquen et Villegas), entre ces différents postes des fortin sont disséminés, ils sont chacun composé de 1 officier et 10 personnels (soldats, gauchos, locaux); ils servent en théorie à  prévenir des malones et alerter la cavalerie. Son but n’était pas de les empêcher de franchir ce fossé (rien ne les arrêtait) mais de les empêcher de repartir avec leur butin. Des grands travaux seront alors entreprit et cette ligne formera finalement une frontière physique de prêt de 400km de long. Très contesté et très couteuse, elle ne pourra être terminée.
En participant à  ces tâches, Alfred Ebelot fût au contact avec les réalités de la vie des hommes sur les fortins, des gauchos, des indiens et des militaires; dans le même temps acteur et spectateur de l’organisation de leur vie. Entre campements et pulperia (bar-épicerie de campagne) et personnalités politiques décidés à  mettre un terme aux “nuisances” des indiens selon leurs projets de structuration et de développement du pays, Alfred Ebelot offre un témoignage unique et valeureux sur cette page d’histoire de l’Argentine. Aussi valeureux que Martin Fierro de José Hernandez dont les poèmes racontent cette vie de gaucho, sommaire et rustique, dans les postes de la zanja de Alsina et dans les campagnes.

Alfred Ebelot relate ses expériences dans une série d’articles publiés par la Revue des Deux Mondes (1876-1880). L’Argentine, entre exotisme et attrait des terres lointaines intéresse les lecteurs. Un des derniers articles de la série intitulé “Frontière Sud” décrit la “grande invasion” du cacique ranquel Calfucurá (1875) comme jamais il ne s’en était produite. Il en fût un témoin de proximité puisqu’il travaillait alors à  l’installation du cacique pampa Catriel (œil de faucon)qui s’était rallié au gouvernement argentin. 3500 indiens déferlent sur la province de Buenos Aires dans les régions de Tandil, Azul, Tres Arroyos et Alvear. Ils emportent 500 cautivos (captifs) et 300000 têtes de bétails…la répression militaire fut d’autant plus dure et se terminera par la fin du cacique Namuncurá (qui avait prit la suite de Calfucurá).
ranquel
En bon républicain de l’époque, Ebelot écrit sous la perspective du devoir de domination de l’homme blanc sur l’indigène, la civilisation contre la barbarie” comme le martelait le président Sarmiento. Avec une touche d’humanisme qui lui fera accepter l’adoption d’une indienne pour laquelle il déploiera beaucoup d’efforts afin de lui procurer de l’affection et une “bonne éducation”.

A la fin du conflit et ses tâches accomplies, Ebelot retourne à  l’écriture journalistique en collaborant au journal Le Courrier de la Plata. Une édition prestigieuse auprès de la communauté francophone puis grâce à  son talent et sa production, il participe au journal La Nación dès 1886.

Désireux d’offrir aux français plus d’informations sur l’Argentine, il écrit “La Révolution de 1890” dans la Revue des Deux Mondes pour faire part des opportunités d’investissements dans le chemin de fer, dans les terres et l’industrie. Il exprime par ailleurs ses opinions sur la crise économique (1890), ses amis politiques (Bartolomé Mitré, Alsina) et ses doutes sur la spéculation effrénée du temps des présidents Roca et de Juárez Celman.

Dans tous ces écrits, apparait en filigrane son intérêt pour l’Argentine et ses habitants.

Son grand projet d’écrire un livre sur l’Argentine était encore vif lorsqu’il rentra en France en 1908 avec sa femme et l’indienne pampa qu’il avait adopté et élevé à  l’européenne. Jusqu’à  son décès à  Toulouse en 1920, il resta très lié avec l’Argentine qui l’avait adopté est remplit une grande partie de sa vie. Ayant conservé beaucoup d’amis et de lecteurs il continua sa collaboration avec le journal La Nación.

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JB Vannier

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  • UNE RECONNAISSANCE AU CAPITAINE RUFINO SOLANO, LE PERSONNAGE SINGULIER HISTORIQUE DE LA PROVINCE DU BUENOS AIRES ET d’ARGENTINA.-
    Il y a presque un siècle, à  l’à¢ge de 76 ans, le capitaine azuleà±o don Rufino Solano cessait d’exister. Ce très singulier militaire, rappelé “Diplomate des pampas“, a déployé des actions inégalables en faveur de la paix, la liberté et la vie dans la dénommée “frontière du désert”. Comme résultat de ces actions, au moyen de son traitement proverbial avec l’aborigène, Rufino Solano a personnellement réussi à  racheter des centaines de cautivos, femmes, d’enfants et d’autres prisonniers, poussé toujours par un sentiment spécial et remarquable vers le genre, incarné par la figure lacérée de la captive.
    De la même manière, il se détache entre ses actions, le fait d’avoir évité des affrontements sanglants au moyen de ses dons prodigieux de médiateur et de pacificateur, en pactisant avec les caciques indigènes (Calfucurá, Namuncurá, Pincén, Catriel, Coliqueo, Sayhueque, entre autres), de nombreux accords de paix et d’échanges de prisonniers. En réalisant cette tà¢che á risque au bénéfice de la population de Azul (provinde de Buenos Aires) et de de nombreuses autres localités de la province et voisines. Autres interventions significatives du capitaine Rufino Solano, celle d’avoir fait partie des ciments qui ont donné naissance aux actuelles villes d’Olavarrà­a et de Charles Sain de Bolivar. Sur le plan religieux, il a accompli un travail remarquable en servant de lien dans l’action évangélisatrice de l’aborigène réalisée par l’église de cette époque. Dans un accomplissement de cette dernière activité, il a prêté une collaboration active et étroite au Père Jorge Marie Salvaire, le fondateur de la Grande Basilique de Luján dénommé “missionnaire du désert et de la Vierge du Luján” il a participé à  la célèbre expédition du cacique Namuncurá en jouant le rôle d’interlocuteur entre les pontifes aborigènes et l’épiscopat de la ville de Buenos Aires, en la personne de l’Archevêque Dr. León Federico Aneiros, appelé “Père de l’Indien”.
    Le travail du capitaine Rufino Solano a été développé pendant plus de vingt ans de carrière militaire et a continué de l’exercer après sa retraite jusqu’à  sa mort, arrivée en 1913. Il est actuellement étudié un projet de décret pour le reconnaitre Citadin Illustre de la province. –
    elcapitanrufinosolano.blogspot.com

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