4 # Patagonie > Les ornements du royaume

28 octobre 2007 Publié dans Histoire, Livres | Sans Commentaire »

Sur une modeste tombe d’un petit cimetière du Périgord, on peut lire cette épitaphe : Ci-gît Orélie-Antoine Ier, roi de Patagonie, décédé le 18 septembre 1878. La plus étrange épopée qui puisse se concevoir…

Comme tout royaume qui se respecte en ce bas-monde, il se doit de posséder ses ornements: une constitution, une monnaie, un drapeau et un hymne national.

Ainsi notre bon prince se fait fort de rédiger un décret promulguant la Constitution d’une monarchie en Araucanie-Patagonie. Extrait du document autobiographique édité en 1860:

NOUS, PRINCE ORELIE-ANTOINE DE TOUNENS,
Considérant que l´Araucanie ne dépend d´aucun autre État, qu’elle est divisée par tribus, et qu’un gouvernent central est réclamé par l´intérêt particulier aussi bien que par l´intérêt général;

DÉCRÉTONS CE QUI SUIT :
Art. 1er. Une monarchie constitutionnelle et héréditaire est fondée en Araucanie ; le prince Orélie-Antoine de Tounens est nommé roi.

Art. 2. Dans le cas où le roi n´aurait pas de descendants, ses héritiers seront pris dans les autres lignes de sa famille, suivant l´ordre qui sera établi ultérieurement par une ordonnance royale.

Art. 3. Jusqu´à ce que les grands corps de l’Etat soient constitués, les ordonnances royales auront force de loi.

Art. 4. Notre ministre secrétaire d´État est chargée des présentes.

Fait en Araucanie, le 17 novembre 1860.
Signé : Orélie-Antoine 1er
par le roi :
le secrétaire d´État au département de la justice :
Signé : F. Desfontaine.

Le même jour, je décrétais la constitution ; elle est ainsi conçue :

CONSTITUTION
Par notre décret en date de ce jour, nous avons établi en Araucanie une monarchie constitutionnelle et décrêté que le trône sur lequel nous sommes monté serait occupé, après notre mort, par nos descendants en ligne directe, et, à leur défaut, par des héritiers pris dans les autres branches de notre famille, selon un ordre ultérieurement fixé.
Les bases de la Constitution sont :
1º Un roi ou une reine selon l´ordre héréditaire ;
2º Des ministres, dépendant du roi seul ;
3º Un conseil du royaume, formé par des notabilités du pays ;
4º Un conseil d’État, rédigeant les projets de loi et les défendant devant le corps législatif, conjointement avec les (…)

MONNAIE PATAGONE monnaie patagone
DRAPEAU du ROYAUME DE PATAGONIE
drapeau de patagonie

HYMNE NATIONAL du ROYAUME DE PATAGONIE


3 # Patagonie > Le sacre du Roi

28 octobre 2007 Publié dans Histoire, Livres | Sans Commentaire »

Sur une modeste tombe d’un petit cimetière du Périgord, on peut lire cette épitaphe : Ci-gît Orélie-Antoine Ier, roi de Patagonie, décédé le 18 septembre 1878. La plus étrange épopée qui puisse se concevoir…

Cacique MapucheLe bruit se répand très vite dans les tribus indiennes qu’un Blanc se propose de les unir pour arrêter l’envahissement progressif par les Chiliens de leurs réserves de chasse. S’étant entendu avec un chef indien, le cacique Magnil, et lui ayant fait part de ses projets, parrainé par ce dernier qui lui sert d’interprète (car il ne parlait pas la langue des populations indigènes), il commence alors son périple avec celui-ci, qui sera alors son compagnon pour traverser les régions du sud de l’Araucanie. Malheureusement, ce dernier meurt pendant le voyage. Antoine de Tounens  continue tout de même à traverser un pays hostile, dont il ne connait rien. Il parvient à rencontrer d’autres chefs de tribus, en particulier le cacique Quilapan, ennemi juré du gouvernement chilien, qu’il rallie à son projet.

Les Indiens l’accueillent avec un grand respect. Cette sympathie soudaine n’est pas sans étonner un peu. Avec Guy Breton, l’explication est à la fois simple et merveilleuse, comme toute cette histoire: depuis longtemps, une sorte de prophétie courait en Patagonie et en Araucanie: un jour, un homme blanc viendrait les unir et les libérer. Ainsi notre héros profite sans le savoir, de cette étrange annonciation.

On ne peut qu’admirer ce phénomène étonnant qu’un Blanc, ne connaissant ni la langue, ni le pays, réussit à convaincre des chefs indiens farouches et sauvages selon nos critères occidentaux, jusqu’alors fortement divisés entre eux, de s’unir à lui pour former la nation araucane!

Notre héros prétendit ensuite s’être rendu compte que les Araucaniens préféraient la royauté à la république, ce terme, par le fait du Chili, étant devenu un synonyme de déloyauté. Il se fit alors reconnaitre roi, sans effusion de sang, en promulguant un décret. En effet, considérant que l’Araucanie ne dépendait d’aucun autre Etat, qu’elle était divisée en tribus, et qu’un gouvernement central était réclamé par l’intérêt particulier aussi bien que par l’intérêt général, il établit une monarchie constitutionnelle et héréditaire pour lui-même, Prince Antoine Orélie de Tounens, qui était ainsi nommé roi. Le même jour, le nouveau roi décréta une constitution, qui était parfaitement sage. Le problème cependant est que les deux documents en question s’adressaient à des Indiens complètement illettrés!

2 # Patagonie > Naissance d’une “Nouvelle France”

27 octobre 2007 Publié dans Histoire, Livres | Sans Commentaire »

Sur une modeste tombe d’un petit cimetière du Périgord, on peut lire cette épitaphe : Ci-gît Orélie-Antoine Ier, roi de Patagonie, décédé le 18 septembre 1878. La plus étrange épopée qui puisse se concevoir…

Antoine de TounensL’histoire commence donc le 12 mai 1825 au hameau de La Chèze, près de la localité de Chourgnac D’ans, en Périgord, où est né Antoine de Tounens, huitième d’une famille de neuf enfants. Après de solides études, il devint en 1851 avoué à Périgueux. Celui-ci exerce une profession semblable à celle d’avocat aujourd’hui. Il a pour mission de représenter son client en justice, de rédiger des actes de procédure et de formuler les prétentions de son mandant sous forme de conclusions pour permettre aux magistrats de statuer.

Le personnage était un visionnaire. Passionné d’histoire et admirateur des grandes épopées coloniales, il déplorait la perte du Canada et de la Louisiane et rêvait de donner à la France un territoire qui les compenserait. Féru de géographie, il n’ignorait pas l’existence des terres qui allaient devenir son royaume.

En juin 1858, ayant vendu son Etude d’avoué, Maître Antoine Orélie de Tounens s’embarque à Southampton et part à la conquête de l’Araucanie-Patagonie.

Comme l’a très bien noté un autre écrivain, Guy Breton, “ce n’est pas par hasard que le choix d’Antoine Orélie de Tounens s’est fixé sur l’Araucanie. Il sait que ce pays, qui résista 250 ans à l’Espagne et lui fit perdre plus de soldats que tous les peuples de l’ancienne Amérique réunie, tient tête maintenant au Chili, qui voudrait annexer son territoire. Et l’avoué pense avec assez de logique qu’il suffirait d’un homme intelligent placé au-dessus des caciques (chefs de tribus) pour que la résistance fût efficace. Cet homme, ce sera lui.
Notre homme s’était également rendu compte qu’un autre élément politique était de nature à faciliter son entreprise. En effet, à cette époque, ces immenses territoires ne faisaient pas seulement le jeu des convoitises chiliennes, mais aussi argentines.

Antoine de Tounens espérait ainsi pouvoir tirer parti de cette rivalité et créer ce qu’il appelait une “Nouvelle France”.

Par ailleurs, il avait relevé le titre de Prince qui existait dans sa famille, assurait-il, depuis des temps immémoriaux, puisqu’il affirmait descendre d’un ancêtre lointain, Tonentius Fereolus, Sénateur Gallo-Romain, Préfet du Prétoire, en l’an 450, chef de l’une des plus puissantes familles gauloises romanisées d’Auvergne, fondateur de la ville de Tononsium (d’où Tounens).

Sur le bateau, lors du voyage, il laisse pousser sa barbe et ses cheveux, car pour les Indiens, cela est symbole de dignité et signe de majesté. Pour impressionner ces derniers, conscient de son aspect, il revêt une lévite, ceinte, à la française, mais couverte d’un poncho, et porte à la ceinture un sabre courbe de cavalerie. Il emporte avec lui un drapeau et sa propre monnaie frappée aux armes du futur royaume. Le 28 août 1858, il débarque sur le petit port de Coquimbo qui appartient au Chili et qui se situait à 400 kilomètres au nord de Santiago. Il apprend l’espagnol car, ce qui est singulier il ignore la langue des territoires qu’il se propose de conquérir (!) et l’équitation, ce qui lui sera nécessaire pour traverser les territoires qu’il voulait traverser.

En octobre 1860 il quitte Valparaiso pour l’Araucanie. L’épopée commençait!

1 # Patagonie > Histoire d’un royaume

26 octobre 2007 Publié dans Histoire, Livres | Sans Commentaire »

Sur une modeste tombe d’un petit cimetière du Périgord, on peut lire cette épitaphe : Ci-gît Orélie-Antoine Ier, roi de Patagonie, décédé le 18 septembre 1878. La plus étrange épopée qui puisse se concevoir…

Si l’on en croit le dictionnaire Larousse en 3 volumes de 1970, l’Araucanie est le pays des Indiens Araucans vivant dans le Chili austral, au sud du Rio Bio Bio. Soumise par les espagnols, l’Araucanie fut libérée par une révolte indienne au Même siècle, puis recolonisée à la fin du XIXème siècle par des Français, des Anglais, des Allemands et même des Suisses. Après la création d’un royaume en 1860-62 par 1′aventurier français Antoine de Tounens, le Chili soumit le pays en 1880.

Cette histoire a un fondement historique vérifiable par tous, mais la passion et l’imagination de Jean Raspail l’ont élevée au rang des grandes aventures de l’esprit car durant les vingt-huit années du règne d’Orélie-Antoine, le rêve et la réalité se confondent aux bornes extrêmes du monde, là-bas, en Patagonie, au détroit de Magellan. Qui est Antoine de Tounens, roi de Patagonie, conquérant solitaire, obscur avoué périgourdin embarqué sur les flottes de la démesure, sous pavillon bleu, blanc vert claquant aux vents du cap Horn? Un fou? Un naïf ? Un mythomane? Ou plus simplement un homme digne de ce nom, porteur d’un grand destin qu’il poursuivra toute sa vie en dépit des échecs, des trahisons, des sarcasmes qui peupleront son existence… Es-tu roi de Patagonie? Je le suis! Il n’en démordra pas. Mais, tout d’abord, où se situe l’Araucanie-Patagonie?

patagonieIl s’agit d’un territoire qui s’étend, pour l’Araucanie, au sud du Chili et, pour la Patagonie, au sud de l’Argentine et ce jusqu’à la Terre de Feu. L’on se rappelle à cet égard les célèbres émissions télévisées intitulées “Ushuaia”, qui situent géographiquement notre sujet. A l’Est, dans l’océan Atlantique, se trouvent les célèbres Iles Malouines, appelées aussi Iles Falkland, qui firent beaucoup parler d’elles il y a quelques années, puisqu’elles furent l’objet d’une âpre dispute entre les troupes anglaises et celles de la République argentine.

L’historien Léo Magne a précisé à cet égard qu’au sud du Chili et de l’Argentine, l’extrémité du continent américain comprend l’ancienne Araucanie, qui appartient actuellement au Chili, et la Patagonie, maintenant rattachée à la République argentine. Sa plus grande largeur est de 900 kilomètres entre les deux villes de Valdivia (au Chili), située sur le Pacifique et Viedma, sur le Rio Négro, qui se jette dans l’Atlantique. De cette dernière ville à Punta Arenas, sur le détroit de Magellan, s’étendent, pendant près de 1500 kilomètres, des immensités désertiques couvertes de buissons épineux qui, s’éloignant par paliers successifs du littoral Atlantique, s’écrasent contre le mur abrupt des Andes. La Patagonie est un océan aride aux moutonnements figés et les rares habitants disséminés dans ses vastes steppes vivent presque exclusivement de l’élevage du mouton, seule industrie d’un pays au sous-sol cependant riche en charbon, en or, en pétrole, en plomb et en cuivre. L’Araucanie, elle, s’étire de l’autre côté dû Massif des Andes sur une longueur de 600 kilomètres et une largeur de 120 kilomètres. C’est également un pays d’élevage habité par les descendants d’une race héroïque, la seule qui résista victorieusement aux Conquistadores espagnols

L’Argentine et le patrimoine mondial de l’UNESCO

25 octobre 2007 Publié dans Culture-Coutumes, Destinations | Sans Commentaire »

L’Argentine possède 8 sites classés au patrimoine mondial culturel et naturel établit par l’Unesco (sur les 851 sites total). Le Comité du patrimoine mondial les considère comme ayant une valeur universelle exceptionnelle:

  1. Naturel Los Glaciares (1981)
  2. Culturel Missions jésuites des Guaranis : San Ignacio Mini, Santa Ana, Nuestra Señora de Loreto et Santa Maria Mayor (Argentine), ruines de Sao Miguel das Missoes (Brésil) (1983, 1984). Classé en bien transfrontalier
  3. Naturel Parc national de l’Iguazu (1984)
  4. Culturel Cueva de las Manos, Río Pinturas (1999)
  5. Naturel Presqu’île de Valdés (1999)
  6. Culturel Ensemble et les estancias jésuites de Córdoba (2000)
  7. Naturel Parcs naturels d’Ischigualasto / Talampaya (2000)
  8. Culturel Quebrada de Humahuaca (2003)