14 janvier 2008 Publié dans Actualités, Livres | Sans Commentaire »
Notre ami Sébastien Lapaque, écrivain, essayiste, romancier et journaliste nous fait part une fois de plus de son attachement à l’Amérique du Sud et nous fait parvenir un article à l’occasion de la reédition de Uruguay de Jules Supervielle

«Je suis un Basque, un Béarnais / Un mâtiné d’Uruguayen / C’est le pays où je suis né», écrit Jules Supervielle (1884-1960) dans sa Prière à l’inconnue. Trois poètes français partagèrent ainsi leurs attaches entre le piémont des Pyrénées, d’où leurs parents étaient partis, et Montevideo, où ils étaient nés. Lautréamont, Jules Laforgue, et Jules Supervielle, qu’on redécouvre aujourd’hui grâce à deux livres qui figurent les deux extrémités entre lesquelles s’organisa sa vie. Les Pyrénées (Editions le Festin) reprend les textes de Boire à la source dédiés à Saint-Jean-Pied-de-Port et Oloron, berceaux de la famille du poète : «J’aime les petites villes qui ont conservé la mémoire du temps où elles n’étaient que de la campagne.»
Longtemps introuvable, Uruguay célèbre le «beau triangle de terre» de la «Banda oriental», ses ciels purs, ses automnes, ses maisons peintes de couleurs claires, ses ibis roses, ses tatous timides, ses fiers gauchos, ses pampas sans fin. C’est un herbier des enchantements perdus qui se lit comme une carte postale ancienne.
Il évoque un monde farouche et beau qui n’existe plus. «Depuis lors, le temps a bien usé et fait pâlir la couleur locale à Montevideo. Un peu partout on a construit des immeubles de cinq étages et on trouve même des gratte-ciel». Supervielle a follement aimé la República Oriental del Uruguay. Il n’a eu de cesse d’y retourner tout au long de sa vie. En langue française, il en est resté le seul poète.
Sébastien Lapaque
Uruguay, Éditions des Equateurs, 92 p., 9 €
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