La Patagonie, une patrie de l’âme et de l’esprit

17 octobre 2007 Publié dans Littérature | Sans Commentaire »

Explorateur, écrivain, romancier de grande envergure, Jean Raspail à beaucoup écrit et voyagé en Patagonie. Depuis Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie à Adios Tierra del Fuego ou encore Qui se souvient des Hommes, la Patagonie fût pendant longtemps son domaine de prédilection, sa meilleure expression sur laquelle nous reviendrons dans de prochains articles.
Ses pensées et ses images sont très clairement illustrés dans la préface de Jean Raspail à Enfer blanc de Patagonie, de Jean-Louis Hourcadette parût aux éditions Nathan en 1985.
Le récit de quatre français qui dans les années 80 ont tentés la traversé intégrale du Hielo Continental, 3ème glacier continental dans le sud du Chili. A ce jour le défi reste entier…

“Sans doute Dieu a-t-il créé la Patagonie dans un accès de colère…

C’est une des terres les plus rudes du monde. Avec les Andes médianes en épine dorsale, elle est plantée comme un coin très allongé dans l’océan Austral, le cap Horn et la Terre de Feu au sud, au nord le 40e parallèle qui marque la frontière climatique. Entre ces limites séparées par deux mille kilomètres, la Patagonie pourrait contenir deux fois la France en son entier et ne compte, hors des quelques villes isolées de la côte, pas plus de deux cent mille habitants.

Il y a trente ans, jeune écrivain-explorateur, j’y fis un très long voyage, suivi d’un autre plus tard. La Patagonie occupe toutes mes pensées, envahit les rayons de ma bibliothèque, peuple mes vitrines, excite mon imagination et s’étend jusqu’aux romans que j’écris, à tel point qu’elle m’est devenue comme une seconde patrie, parfois même la première quand mon propre pays, la France, semble par trop s’éloigner de l’idée que je m’en fais. La Patagonie est une patrie de l’âme et de l’esprit. On peut l’emplir tout entière de ses chimères et je n’y ai pas manqué, à la suite d’Orélie-Antoine 1er, roi de Patagonie, qui régna là-bas en 1860 et dont je m’honore d’être aujourd’hui l’unique consul général. On peut aussi l’emplir de sa mélancolie. Darwin, en 1835, l’avait déjà excellemment définie: en parfait Britannique, il jugeait « irrésistibles ses qualités négatives ». Roger Caillois, académicien voyageur, la baptisa « contrée toute d’espace et d’appel qui compose sur le sol un site comme il faudrait avoir l’âme ». Mais c’est Blaise Cendrars, le magicien, qui a le mot le plus vrai: « Rien ne convient plus à mon immense tristesse que la Patagonie… » Pour des millions d’individus migrateurs de vacances, le Sud exprime le soleil, la molle chaleur, la facilité, la vacuité. Là-bas, en Patagonie, le Sud signifie tout le contraire. Au moins une fois dans sa vie, il faut savoir se tromper de Sud. C’est ce qu’ont admirablement compris, au péril de leur vie, Jean-Louis Hourcadette et ses compagnons…

Que je décrive tout d’abord ce pays: plus que tout autre, c’est par sa nature impitoyable qu’il envoûte. La Patagonie a un roi naturel, le vent. Il y souffle en tempête les trois quarts de l’année et détruit toute tentative de la végétation de se hausser au-dessus de l’élévation d’une touffe d’herbe. Quand je plantais ma tente, le soir, je devais le plus souvent m’y employer en rampant, plaqué au sol, pour ne pas être emporté par ce vent d’outre-monde que les habitants de la Patagonie nomment tout simplement el viento, le vent, comme ils diraient Dieu, en se signant les nuits d’ouragan. En Patagonie chilienne, sur l’autre versant des Andes, là où la côte n’est plus qu’un terrifiant labyrinthe de rochers soumis à toutes les tempêtes de l’océan Pacifique mal nommé, le vent est accompagné de sa reine impitoyable, la pluie.

Elle y étend son voile opaque trois cents jours par an, faisant naître sur les basses pentes des Andes un foisonnement de forêts monstrueuses et impénétrables. A l’extrême sud, enfin, le vent et la pluie s’allient à un troisième génie maléfique, la neige, et ses serviteurs polaires que sont la glace, la grêle et le grésil, pour envoyer au martyre les rares êtres humains pris dans les tourmentes de leurs embrassements. Au détroit de Magellan, au cap Horn, sont morts bien des navires de vingt nations maritimes, dont la nation bretonne qui a laissé là-bas, dans ce cimetière marin, des équipages entiers des meilleurs de ses fils. Naviguant dans les parages de l’île Désolation au nom prédestiné, j’ai même vu les croix symboliques, hautes vergues décharnées d’un trois-mâts qui émergeaient encore de l’eau… Et j’ai bivouaqué à Port-Famine, sur le détroit de Magellan, un site abandonné qui fut la première capitale de la Patagonie australe, au temps des conquistadors. En 1585, Andres de Viedma, capitaine général, y tenait garnison pour le roi d’Espagne. Trois ans plus tard, quand débarqua à Port-Famine le corsaire anglais Cavendish, le fort n’était gardé que par des squelettes. D’autres pendaient à des gibets. Les cadavres étaient encore dans les maisons où ils étaient morts de faim. Il ne subsiste de cette ville que son nom. Y avoir passé la nuit, seul, sous le poids de tant de souvenirs, restera pour l’éternité l’une des grandes émotions de ma vie… Plus loin, au cap Froward, l’air était empli d’un vacarme de fin du monde.

C’était un glacier qui se brisait et tombait dans la mer, opéra familier de la Patagonie australe.

Mais là-haut, c’est pire encore. Là-haut, c’est la montagne, la cordillère des Andes et le terrible Hielo, cet immense plateau glaciaire où sévit la plus effroyable météorologie du monde. Un de mes amis, Lionel Terray, premier vainqueur du Fitz Roy, y avait souffert autrefois jusqu’à l’épuisement. « C’était, disait-il, la conquête de l’inutile… » Après Blaise Cendrars, toute la Patagonie est ramassée dans ces mots. Et c’est là-haut, sur le Hielo, que Jean-Louis Hourcadette et ses compagnons ont vécu près de trois mois, «ermites glaciaires, fous de vent, aveugles de brouillard, dans des conditions suicidaires», si bien qu’ils furent donnés pour morts et qu’à leur réapparition quasi miraculeuse, ils durent, comme l’écrit Hourcadette, «réapprendre à rire». C’est ce récit que vous allez lire. Il dépasse l’aventure, il dépasse l’exploit, il enfonce le bon sens. C’est un récit initiatique.

Et pour quoi? Par quelle folie? Par quel besoin de dépassement? Son cosas de Patagonia, un proverbe de là-bas. Ce qui signifie à peu près: c’est la Patagonie, que personne ne cherche à comprendre…”

Voyage en Patagonie préhistorique

15 octobre 2007 Publié dans Histoire | Sans Commentaire »

En plus d’être un mot, une expression qui résonne, une région qui excite notre imaginaire, la Patagonie fait parler d’elle dans l’actualité. Gisements de pétrole, de gaz, mines d’or, réserves d’eau douce, son sous-sol recèle de richesses immenses…

C’est également une région de prédilection pour les paléontologues qui y font régulièrement des découvertes fantastiques.
L’une de ces découvertes spectaculaires fût en l’année 2000 lorsque une équipe découvrit des oeufs de dinosaures datant de plus de 80 millions d’années et pour certains un volume proche de 1 mètre cube! Cette découverte se répétait quelques années plus tard en 2004 lorsque d’autre scientifiques dans une expédition financé par National Geographic découvrait des nids d’oeufs, des restes fossiles en quantité qui permettaient de reconstituer l’écosystème de cette période.

Aujourd’hui encore, une découverte incroyable dans le Nord de la Patagonie retranscrite par l’Agence France-Presse

Des paléontologues argentins et brésiliens ont annoncé la découverte d’un dinosaure géant, premier représentant d’une branche inconnue de la famille des titanosaures qui vivait en Patagonie argentine, il y a 88 millions d’années.

«C’est le troisième plus grand fossile de dinosaures jamais découvert dans le monde et le plus complet d’entre eux, puisque nous avons retrouvé 70% du squelette», a affirmé le paléontologue argentin Jorge Calvo, directeur du Centre paléontologique de l’Université nationale de Comahue (Argentine) lors d’une conférence de presse à l’Académie des Sciences de Rio.

Ce dinosaure est un herbivore, de 32 à 34 m de long, pesant quelque 8 tonnes, représentant de cette branche jusque-là inconnue de titanosaures, baptisée Lognkosauria.

dinausoreLui-même a été baptisé Futalognkosaurus dukei, un nom dérivé de la langue des Indiens Mapuche signifiant «chef géant des sauriens». Le nom «dukei» est un hommage à l’entreprise privée Duke Energy Argentina ayant financé la plus grande partie des fouilles sur les berges du lac artificiel «Lago Barreales», au nord de la Patagonie argentine.

Les paléontologues argentins et brésiliens ont aussi présenté à Rio une réplique de la première vertèbre cervicale - de 1m 10 de haut et qui devait peser de 200 à 300 kg- découverte en février 2000, au début des fouilles.

Depuis, outre le Futalognkosaurus dukei, les chercheurs ont trouvé plus de mille fossiles représentant divers groupes d’animaux et de plantes, sur une zone de 400 m2. Cela a permis, selon eux, «de reconstituer un écosystème du Crétacé Supérieur avec une précision comme jamais auparavant».

12 octobre 1492-2007: la découverte des Amériques

13 octobre 2007 Publié dans Histoire | Sans Commentaire »

ColombLe 3 aout 1492, avec l’appui des rois catholiques, Christophe Colomb parti de Puerto de Palos (Espagne) avec deux Caravelles (la Nina et la Pinta) et un navire (la Santa Maria). Les frères Martin et Vincente Pinzón prirent le commandement des deux caravelles et Colomb dirigea le navire. Au total, les équipages formaient 120 hommes.
Ils naviguèrent par la côte africaine et atteignirent les îles Canaries. De là, ils partirent en direction de l’Ouest en bénéficiant des Alizés. La traversée de l’Océan fût une véritable odyssée: la désespération de ne jamais arriver à terre provoquait des mutineries au sein de l’équipage. C’est dû à cette pression qu’après avoir navigué pendant plus de deux mois Colomb promit le retour en Espagne si ils ne touchaient pas terre dans les trois jours à venir. Lire la suite… »

Centolla Patagonica, la Reine des crustacés

12 octobre 2007 Publié dans Gastronomie | Sans Commentaire »

centollaL’un des mets forts délicats que l’on rencontre en Argentine est sans aucun doute l’araignée de mer, la reine des crustacés, ou plus petite appelée communément “mousette” en Normandie (le préfet maritime de Patagonie en rafolle).
En castellano, elles se dénomment la “centolla” (Lithodes santolla) et le “centollón” (Paralomis granulosa) et présentent tous deux des particularités gustatives exceptionnelles.
La Centolla (espèce unique que l’on rencontre à la même latitude dans l’hémispère Nord en Alaska) pululle notamment dans les fonds du Canal Beagle (région de Ushuaia) est ce pour deux raisons: l’endroit est protégé, sa pêche reste artisanale et depuis des millénaires elles se nourrissent et se reproduisent dans les riches eaux du Canal.
Ses dimensions peuvent être impressionnantes, le diamètre du corps peut atteindre les 20 cm pour une envergure totale de près d’1m avec les pattes pour un poids qui peut atteindre les 6kg!. La quantité de chair consommable en fait donc un produit de consommation fort apprécié sous ces latitudes et remplis en saison les cartes des restaurants de la ville.

Lors de l’une de nos expéditions nous avons eu l’occasion d’accompagner des pêcheurs de la région d’Ushuaia. Basé entre l’estancia Remolino et le poste de la préfecture navale de Puerto Almanza, Pipo nous a enseigné quelques uns de ses secrets…

Quand le Che jouait ailier gauche

10 octobre 2007 Publié dans Histoire, Sport | Sans Commentaire »

Entre 14 et 23 ans, Ernesto Che Guevara fut un joueur de rugby passionné à Córdoba et Buenos Aires. A l’instar de leur líder máximo Agustin Pichot, les Pumas argentins s’en souviennent avec fierté.

«J’aime le rugby et, devrais-je en crever, je continuerai à y jouer», déclarait un jour Ernesto Guevara à son père qui s’inquiétait de le voir pratiquer ce sport importé sur les rives du Rio de la Plata par des gentlemen anglais en 1873. Il faut dire que le jeune Guevara était soumis depuis sa petite enfance à de violentes crises d’asthmes et qu’il lui fallait, pendant les matches, sortir toutes les quinze ou vingt minutes du terrain et aspirer une bouffée de broncho-dilatateur pour pouvoir continuer à jouer. «C’était extraordinaire de voir le ainsi lutter contre sa souffrance, se souviendra un de ses compagnons de jeunesse. Ce qu’il y avait également d’extraordinaire, c’était son allure. A l’époque, seuls les avants de la deuxième et de la troisième ligne portaient des protections sur les oreilles. Les autres n’en mettaient jamais. J’ai connu un seul trois quarts qui en utilisait, c’était Guevara. Il disait qu’il avait les oreilles fragiles». Lire la suite… »