Folklore argentin > El Chaqueño Palavecino

30 octobre 2007 Publié dans Culture-Coutumes, Vidéo | Sans Commentaire »

El Chaqueño Palavecino: le Nord de l’Argentine, région du Chaco

5 # Patagonie > Le royaume de l’esprit

29 octobre 2007 Publié dans Histoire, Littérature | Sans Commentaire »

Sur une modeste tombe d’un petit cimetière du Périgord, on peut lire cette épitaphe : Ci-gît Orélie-Antoine Ier, roi de Patagonie, décédé le 18 septembre 1878. La plus étrange épopée qui puisse se concevoir…

Antoine de TounensLes aventures d’Orélie-Antoine Ier ne font que commencer : après avoir combattu à la tête de ses Indiens Araucans et Patagons, le Roi fut trahi, capturé par les troupes chiliennes et enfermé, condamné, accusé de folie pour être finalement contraint à l’exil et remis à un navire de guerre français. Pendant six ans, Orélie-Antoine 1er fait des efforts désespérés pour intéresser la France et les Français à sa glorieuse épopée et au royaume de Patagonie et d’Araucanie, écrivant à l’Empereur Napoléon III, ” son cousin “…, et au pape publiant à Paris la Relation de son avènement au trône, sa captivité au Chili et d’autres manifestes.
Ces démarches ne suscitèrent qu’indifférences et dérisions. Orélie-Antoine retourna en Patagonie sous de nouvelles identités.

Lors de cette deuxième expédition, il gagna à nouveau à sa cause ceux qui se considéraient eux-mêmes comme ses sujets, s’étant de plus gagné la sympathie de quelques tribus patagones qui lui étaient encore hostiles auparavant. Il resta alors parmi les Indiens près de deux ans.

La tête du roi ayant été mise à prix par le Chili, il échappa, de façon quelque peu rocambolesque, à différents attentats. A court d’argent, il dut cependant se résoudre à quitter le pays et à retourner en France. Après deux mois et demi d’un voyage exténuant à travers la Cordillière des Andes et la Steppe Patagone, il parvint, en juin 1871, au dernier poste effectivement occupé par les Argentins. Orélie Antoine s’embarqua alors à bord d’un navire à destination de Buenos Aires où il arriva le 2 juillet 1871. C’est ainsi que, depuis Montevidéo, qu’il avait enfin atteint, il retourna en France, à bord d’un navire marchand, et où il arriva à fin août 1871.

De retour au pays, il créa un journal, “La Couronne d’Acier”. Il continua à faire valoir ses prétentions et, en particulier, pour convaincre les souverains d’Europe à sa cause. Il n’abandonnera jamais la partie et fera encore deux fois le voyage France - Patagonie, la troisième expédition datant de 1874, lors de laquelle il fut arrêté par un colonel de l’armée argentine, Don Julian Murgat. Libéré, il dut, à nouveau, reprendre la route de la France.

Selon l’historien Armando Braun-Menendez, l’arrestation et l’emprisonnement de notre héros provoquèrent, en octobre 1874, une vive protestation de quatre députés français de la Dordogne auprès du Ministre des Affaires Etrangères, Louis Decazes, et c’est ainsi qu’Orélie Antoine de Tounens fut remit en liberté le 31 octobre 1874. Il s’agissait cependant d’une liberté tellement surveillée qu’il préféra alors abandonner toute possibilité de reconquête de son royaume. Il assista au massacre de ses derniers sujets ou à leur soumission. Désespéré, abandonné et solitaire il regagnera la France.
Antoine de Tounens est mort où il était né dans le petit village de Tourtoirac, ruiné, oublié de tous, dans la seule compagnie de ses décrets royaux, de ses étendards et des ordres qu’il avait fondés. Et il ne reste rien-ou presque rien-, là-bas, où le vent et la pluie règnent seuls, de cet unique et mythique roi qu’ait connu la Patagonie.

Mais aujourd’hui encore, le petit cimetière du village de Tourtoirac reçoit régulièrement la visite d’étranges pèlerins … Des fleurs bleues, blanches et vertes sont souvent déposées sur une tombe qu’il faut savoir “dénicher”, ornée d’une couronne royale et dont l’épitaphe, de plus en plus difficile à lire, est seule à rappeler qu’Antoine de Tounens, décédé à Tourtoirac le 17 septembre 1878 portait le nom d’Orélie-Antoine 1er et le titre de Roi d’Araucanie et de Patagoniela Patagonie de l’esprit a vaincu!

4 # Patagonie > Les ornements du royaume

28 octobre 2007 Publié dans Histoire, Littérature | Sans Commentaire »

Sur une modeste tombe d’un petit cimetière du Périgord, on peut lire cette épitaphe : Ci-gît Orélie-Antoine Ier, roi de Patagonie, décédé le 18 septembre 1878. La plus étrange épopée qui puisse se concevoir…

Comme tout royaume qui se respecte en ce bas-monde, il se doit de posséder ses ornements: une constitution, une monnaie, un drapeau et un hymne national.

Ainsi notre bon prince se fait fort de rédiger un décret promulguant la Constitution d’une monarchie en Araucanie-Patagonie. Extrait du document autobiographique édité en 1860:

NOUS, PRINCE ORELIE-ANTOINE DE TOUNENS,
Considérant que l´Araucanie ne dépend d´aucun autre État, qu’elle est divisée par tribus, et qu’un gouvernent central est réclamé par l´intérêt particulier aussi bien que par l´intérêt général;

DÉCRÉTONS CE QUI SUIT :
Art. 1er. Une monarchie constitutionnelle et héréditaire est fondée en Araucanie ; le prince Orélie-Antoine de Tounens est nommé roi.

Art. 2. Dans le cas où le roi n´aurait pas de descendants, ses héritiers seront pris dans les autres lignes de sa famille, suivant l´ordre qui sera établi ultérieurement par une ordonnance royale.

Art. 3. Jusqu´à ce que les grands corps de l’Etat soient constitués, les ordonnances royales auront force de loi.

Art. 4. Notre ministre secrétaire d´État est chargée des présentes.

Fait en Araucanie, le 17 novembre 1860.
Signé : Orélie-Antoine 1er
par le roi :
le secrétaire d´État au département de la justice :
Signé : F. Desfontaine.

Le même jour, je décrétais la constitution ; elle est ainsi conçue :

CONSTITUTION
Par notre décret en date de ce jour, nous avons établi en Araucanie une monarchie constitutionnelle et décrêté que le trône sur lequel nous sommes monté serait occupé, après notre mort, par nos descendants en ligne directe, et, à leur défaut, par des héritiers pris dans les autres branches de notre famille, selon un ordre ultérieurement fixé.
Les bases de la Constitution sont :
1º Un roi ou une reine selon l´ordre héréditaire ;
2º Des ministres, dépendant du roi seul ;
3º Un conseil du royaume, formé par des notabilités du pays ;
4º Un conseil d’État, rédigeant les projets de loi et les défendant devant le corps législatif, conjointement avec les (…)

MONNAIE PATAGONE monnaie patagone
DRAPEAU du ROYAUME DE PATAGONIE
drapeau de patagonie

HYMNE NATIONAL du ROYAUME DE PATAGONIE


3 # Patagonie > Le sacre du Roi

28 octobre 2007 Publié dans Histoire, Littérature | Sans Commentaire »

Sur une modeste tombe d’un petit cimetière du Périgord, on peut lire cette épitaphe : Ci-gît Orélie-Antoine Ier, roi de Patagonie, décédé le 18 septembre 1878. La plus étrange épopée qui puisse se concevoir…

Cacique MapucheLe bruit se répand très vite dans les tribus indiennes qu’un Blanc se propose de les unir pour arrêter l’envahissement progressif par les Chiliens de leurs réserves de chasse. S’étant entendu avec un chef indien, le cacique Magnil, et lui ayant fait part de ses projets, parrainé par ce dernier qui lui sert d’interprète (car il ne parlait pas la langue des populations indigènes), il commence alors son périple avec celui-ci, qui sera alors son compagnon pour traverser les régions du sud de l’Araucanie. Malheureusement, ce dernier meurt pendant le voyage. Antoine de Tounens  continue tout de même à traverser un pays hostile, dont il ne connait rien. Il parvient à rencontrer d’autres chefs de tribus, en particulier le cacique Quilapan, ennemi juré du gouvernement chilien, qu’il rallie à son projet.

Les Indiens l’accueillent avec un grand respect. Cette sympathie soudaine n’est pas sans étonner un peu. Avec Guy Breton, l’explication est à la fois simple et merveilleuse, comme toute cette histoire: depuis longtemps, une sorte de prophétie courait en Patagonie et en Araucanie: un jour, un homme blanc viendrait les unir et les libérer. Ainsi notre héros profite sans le savoir, de cette étrange annonciation.

On ne peut qu’admirer ce phénomène étonnant qu’un Blanc, ne connaissant ni la langue, ni le pays, réussit à convaincre des chefs indiens farouches et sauvages selon nos critères occidentaux, jusqu’alors fortement divisés entre eux, de s’unir à lui pour former la nation araucane!

Notre héros prétendit ensuite s’être rendu compte que les Araucaniens préféraient la royauté à la république, ce terme, par le fait du Chili, étant devenu un synonyme de déloyauté. Il se fit alors reconnaitre roi, sans effusion de sang, en promulguant un décret. En effet, considérant que l’Araucanie ne dépendait d’aucun autre Etat, qu’elle était divisée en tribus, et qu’un gouvernement central était réclamé par l’intérêt particulier aussi bien que par l’intérêt général, il établit une monarchie constitutionnelle et héréditaire pour lui-même, Prince Antoine Orélie de Tounens, qui était ainsi nommé roi. Le même jour, le nouveau roi décréta une constitution, qui était parfaitement sage. Le problème cependant est que les deux documents en question s’adressaient à des Indiens complètement illettrés!

2 # Patagonie > Naissance d’une “Nouvelle France”

27 octobre 2007 Publié dans Histoire, Littérature | Sans Commentaire »

Sur une modeste tombe d’un petit cimetière du Périgord, on peut lire cette épitaphe : Ci-gît Orélie-Antoine Ier, roi de Patagonie, décédé le 18 septembre 1878. La plus étrange épopée qui puisse se concevoir…

Antoine de TounensL’histoire commence donc le 12 mai 1825 au hameau de La Chèze, près de la localité de Chourgnac D’ans, en Périgord, où est né Antoine de Tounens, huitième d’une famille de neuf enfants. Après de solides études, il devint en 1851 avoué à Périgueux. Celui-ci exerce une profession semblable à celle d’avocat aujourd’hui. Il a pour mission de représenter son client en justice, de rédiger des actes de procédure et de formuler les prétentions de son mandant sous forme de conclusions pour permettre aux magistrats de statuer.

Le personnage était un visionnaire. Passionné d’histoire et admirateur des grandes épopées coloniales, il déplorait la perte du Canada et de la Louisiane et rêvait de donner à la France un territoire qui les compenserait. Féru de géographie, il n’ignorait pas l’existence des terres qui allaient devenir son royaume.

En juin 1858, ayant vendu son Etude d’avoué, Maître Antoine Orélie de Tounens s’embarque à Southampton et part à la conquête de l’Araucanie-Patagonie.

Comme l’a très bien noté un autre écrivain, Guy Breton, “ce n’est pas par hasard que le choix d’Antoine Orélie de Tounens s’est fixé sur l’Araucanie. Il sait que ce pays, qui résista 250 ans à l’Espagne et lui fit perdre plus de soldats que tous les peuples de l’ancienne Amérique réunie, tient tête maintenant au Chili, qui voudrait annexer son territoire. Et l’avoué pense avec assez de logique qu’il suffirait d’un homme intelligent placé au-dessus des caciques (chefs de tribus) pour que la résistance fût efficace. Cet homme, ce sera lui.
Notre homme s’était également rendu compte qu’un autre élément politique était de nature à faciliter son entreprise. En effet, à cette époque, ces immenses territoires ne faisaient pas seulement le jeu des convoitises chiliennes, mais aussi argentines.

Antoine de Tounens espérait ainsi pouvoir tirer parti de cette rivalité et créer ce qu’il appelait une “Nouvelle France”.

Par ailleurs, il avait relevé le titre de Prince qui existait dans sa famille, assurait-il, depuis des temps immémoriaux, puisqu’il affirmait descendre d’un ancêtre lointain, Tonentius Fereolus, Sénateur Gallo-Romain, Préfet du Prétoire, en l’an 450, chef de l’une des plus puissantes familles gauloises romanisées d’Auvergne, fondateur de la ville de Tononsium (d’où Tounens).

Sur le bateau, lors du voyage, il laisse pousser sa barbe et ses cheveux, car pour les Indiens, cela est symbole de dignité et signe de majesté. Pour impressionner ces derniers, conscient de son aspect, il revêt une lévite, ceinte, à la française, mais couverte d’un poncho, et porte à la ceinture un sabre courbe de cavalerie. Il emporte avec lui un drapeau et sa propre monnaie frappée aux armes du futur royaume. Le 28 août 1858, il débarque sur le petit port de Coquimbo qui appartient au Chili et qui se situait à 400 kilomètres au nord de Santiago. Il apprend l’espagnol car, ce qui est singulier il ignore la langue des territoires qu’il se propose de conquérir (!) et l’équitation, ce qui lui sera nécessaire pour traverser les territoires qu’il voulait traverser.

En octobre 1860 il quitte Valparaiso pour l’Araucanie. L’épopée commençait!