Martin Gusinde et les indiens Selk’nam de Terre de Feu


Martin Gusinde (1886-1969), prêtre de la Société du Verbe-Divin, ethnologue, anthropologue, explorateur et photographe, a mené différentes expéditions en 1918 et 1919 pendant lesquelles il a vécu avec les indiens  Selk’nam (ou Onas), entre 1919 et 1922 avec les Yamanas (ou Yahgans) et entre 1923 et 1924 auprès des indiens Alakalufes.

Il avait pris conscience que leur fin était proche et a voulu immortaliser et documenter la vie quotidienne de ces tribus. Son travail de photographe lui a valut le surnom de la part des Onas, Selk’nam Mankancen, le chasseur d’ombres.
Il écrivit un peu plus tard:

Dans la solitude des confins de la terre, des hommes ont vécus heureux pendant des siècles, dans une forme de vie des plus simple. Les générations se succédaient dans ce même mode de vie inchangé, vital et puissant à  la fois. Beaucoup d’autres générations auraient pu prolonger cette chaîne… jusqu’à il y a peu aucun indien n’avait crée de problèmes pour quiconque. Une poignée de colons avides et sans scrupules ont voulu accumuler des richesses temporelles. Il leur a fallut à  peine cinquante ans pour effacer, sans laisser de traces, du millénaire peuple indien. Cela est le destin du peuple incompris Selk’nam.

Les quelques photos qui suivent représentent une mise en scène des indiens pour faire revivre les festivités de passage à  la vie d’adulte des jeunes hommes, la cérémonie du hain. Cela se passe en 1919 à  l’estancia Remolino, à  20km d’Ushuaia par le sentier de la côte.

Son travail ne sera pas resté vain. D’autres personnes ont repris plus tard le relais à l’image de Joseph Lemperaire qui réalisa un formidable travail de recherche. Sa mort arrivant trop tôt pour qu’il puisse achever sa tâche, ce sera sa disciple Anne Chapman qui s’y attachera. Son dernier livre Quand le soleil voulait tuer la lune et le fruit de presque un demi-siècle d’étude de ces peuples disparus.