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Quelle est la langue parlée en Argentine?

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L’espagnol parlé en Argentine, dont c’est la langue officielle, est arrivée dans les bateaux des conquistadores déjà décantée en ayant passé le filtre d’un long processus de construction. Commencé un millier d’année plus tôt, l’influence des envahisseurs romains, des goths, des sarrazins sur les diverses langues et dialectes parlés dans la péninsule Ibérique à laissé des traces. L’union des royaumes de Castille et d’Aragon à la fin du XVe siècle permet une unification de la langue – le castellano – qui s’est imposé et qui a traversé l’Atlantique.

C’est ainsi que bien souvent vous entendrez le nom de castellano pour définir la langue parlée en Argentine, et non l’espagnol. Ce en quoi, l’argentin n’en est pas peu fier pour marquer un peu plus son indépendance et son éloignement culturel – et non pas seulement géographique- vis-à-vis du “gallego” (l’espagnol sous sa forme péjorative).

Pour reprendre une expression commune, “l’argentin est un italien qui parle espagnol”? peut-être si l’on s’en tient à une certaine période de son histoire et si l’on réduit l’Argentine à la seule Buenos Aires; pas si sur si l’on visite le pays dans sa profondeur historique, géographique et socio-culturelle. La plupart des argentins, notamment dans en province, risquent de mal prendre cette expression confinée à l’espace de la capitale d’Argentine. Certes, l’espagnol parlé en Argentine a subit des influences externes et des modifications. Le vecteur de la langue révèle cependant des identités régionales fortes, d’autant que l’empreinte des populations aborigènes et les courants d’immigrations procédant de toute l’Europe lui a apporté ses nuances, ses particularités et ses couleurs dans le vocabulaire et l’accent.

L’espagnol en Amérique latine

En 1492, Christophe Colomb atteint les rivages de ce qui s’appellera  l’Amérique en honneur au navigateur Amerigo Vespucci qui fut le premier à deviner l’existence de ce continent avant même sa découverte. A cette époque, dans la péninsule ibérique le castillan était fortement enraciné et les dialectes romans tels que léonais et aragonais ont été oubliés.

En Amérique, l’objectif était d’imposer l’espagnol, et ce long processus est appelé hispanización. Cela a duré pendant de nombreuses années parce que le continent américain était le plus linguistiquement fragmenté. On estime qu’il y avait à peu près 123 familles linguistiques. Parmi celles-ci les plus répandues étaient les langues Taïnos, Maya, Quechua, Guarani, Mapuche, Aymara et le nahuatl.

Le quechua pour le Nord-Ouest de l’Argentine, le Pérou, la Bolivie et l’Équateur. L’Aymara en Bolivie. Le Nahuatl était parlé au Mexique. Et le guarani était surtout parlé dans la région qui aujourd’hui couvre le Paraguay et les provinces argentines de Misiones et Corrientes.

Les premiers colons utilisaient des gestes pour communiquer avec les indigènes, rapidement des interprètes indigènes ou européens sont apparus et ont permis une communication plus efficace entre ces deux cultures. Dans d’autres cas, les colons incorporaient certaines des langues les plus populaires. Comme par exemple le quechua au Pérou et le nahuatl au Mexique.

Au début, l’espagnol s’est divulgué en envoyant les jeunes gens natifs dans les écoles et les églises, où ils ont appris la langue et recevaient en même temps l’enseignement du christianisme. Mais le véritable apprentissage de l’espagnol s’est produit avec la coexistence, la catéchèse et, surtout, le métissage.

Cependant, non seulement la population autochtone était variée, mais c’était aussi vrai pour les espagnols car ils venaient de différentes régions de la péninsule ibérique. Par exemple, ceux qui se sont installés dans les Caraïbes et les Antilles, étaient pour la plupart des Andalous. C’est pourquoi en Amérique se manifestent certains changements phonétiques:

  • Absence de la prononciation de la lettre “d” entre deux voyelles, par exemple aburrío pour aburrido (s’ennuyer).
  • Absence de la prononciation de la lettre «d» à la fin de chaque mot, par exemple: usté au lieu de usted (vous), virtú au lieu de virtud (vertu).
  • Confusion entre “r” et “l”, par exemple: mardito pour maldito (maudit)
  • Soustraction du “s” final de la syllabe, par exemple pahtoh au lieu de pastos (herbe).

Certaines de ces caractéristiques peuvent encore se rencontrer dans l’espagnol actuel.

L’espagnol en Argentine

La langue espagnole dispose d’un système et de traits grammaticaux qui sont uniques et inaltérables. Mais en Argentine, cette langue diffère à certains égards de type morphologique, phonétique, syntaxique, sémantique et en particulier dans le vocabulaire. Ces différences sont à prévoir en raison des réalités dissemblables, des coutumes, mode de vie et de la situation géographique de la population. Par exemple des mots comme “Mate“, “Puma” et “Pampa” ne sont applicables que pour l’Argentine.
Pour le reste de l’Amérique les inégalités sont dues pour la plupart à des facteurs socio-culturels.

Malgré tout, entre les différentes régions de l’Argentine, il existe également des différences dans la langue parlée. Cela est dû aux différentes influences de groupes autochtones et de l’immigration notamment européenne inégalement réparties sur le territoire.

Il y a deux classifications possibles de la langue, la langue écrite et parlée. La première a subi de nombreux changements et a été l’objet d’améliorations grâce à la variété des œuvres d’auteurs argentins. La seconde possède deux grandes différences: le manque de vocabulaire dans les zones les plus peuplées et dans les zones rurales, des caractéristiques phonétiques vulgaires (de vulgus=commun des hommes).

Quelques exemples caractéristiques phoniques:

  • Le » seseo » applique de la même façon le «s», «c» et «z», par exemple pour Siruela , Ciruela (prune) sapato au lieu de zapato (chaussure) et sapo pour zapo (crapaud).
  • Le « yeísmo », qui est la prononciation du «ll» (qui se prononce comme un ï en français) en «y» (qui se prononce comme un « j » en français), par exemple cabajo pour cabaïo (s’écrit caballo en espagnol)..
  • Dans l’actuelle province de Corrientes, l’héritage du Guarani détermine le phonétique d’un «ll» très marqué.
  • Dans certaines provinces, le “ll” a été remplacé par le son de la lettre «i», par exemple, « cabaio » pour « caballo » et « iave » pour « llave » (javé prononcé en français)
  • Dans les provinces de La Rioja et Catamarca prononcer le «rr» semblable à «y» (j en français), par exemple ajeglo pour « arreglo » (arrangement) ; « jisa »pour « risa » (rire).
  • L’aspiration du “s” quand il est à la fin de la syllabe, par exemple, « do o tre » pour « dos o tres » (deux ou trois).
  • Dans le cas de certaines provinces, comme Cordoba, Santiago del Estero, Tucumán et Salta, l’accent subit un changement, les gammes vocales varient, elles sont abrégées ou prolongées en fonction de la tonalité.

Les caractéristiques d’aspect syntaxique:

  • Le voseo: le remplacement du pronom personnel «tú» par le pronom personnel «vos». Celui-ci est compatible avec la personne du pluriel, mais s’est contracté et a perdu la diphtongue (vos contas, vos tenés, et vos estudiás).
  • L’utilisation de ustedes pour vosotros en accord avec la troisième personne du pluriel.
  • Certains temps comme le futur indicatif, sont remplacés par des phrases (voy a salir, voy a comer ; je vais sortir, je vais manger)
  • L’utilisation de la forme « lo de » pour « la casa de » (iré a lo del medico, j’irai chez le médecin).

Aspects morphologiques:

  • Le voseo remarqué précédemment peut également être classé dans cette partie en raison de la perte de la diphtongue dans le mot (vos comprás, tu achètes).
  • L’utilisation de diminutif et de réalité augmenté (paisanote, grandote, cerquita, gauchito ; paysan dans le sens de petit, grand, près, gaucho) qui donne une saveur particulière.

Caractéristiques lexicales:

  • A Buenos Aires, la grand ville et capitale d’Argentine, le phénomène du jargon parallèle est apparu. Cet espèce d’argot local appelé lunfardo, tient son origine dans les classes sociales les plus pauvres s’est développé au fil du temps pour devenir le type de parlé portègne (le porteno, habitant de Buenos Aires qui aussi un port). Il est également fréquent que certains auteurs argentins de mélanger le lunfardo avec le castillan ; souvent dans le genre narratif ou théâtral. Le lunfardo est l’héritage de l’immigration du début du XXe siècle, principalement d’Italie et de France (voir aussi : origine du lunfardo et vocabulaire du Lunfardo).
  • Les dialectes indiens sont aujourd’hui tombés en désuétude et disparaissent lentement. Toutefois, dans certaines provinces, l’emploi du bilinguisme composé de castillan et de quechua ou de guarani et castillan est présent dans la langue quotidienne.
  • Certains mots ne sont utilisés qu’en Argentine comme par exemple , mate, puestero (berger ou gardien de poste dans une estancia), churrasco (sandwich à la viande), yuyo (plante, mauvaise herbe) , tranquera (barrière ou portail), pampero (habitant de la pampa, c’est aussi un vent), canillita (vendeur de journaux à la crié), etc.

En synthèse, la langue «Argentine» n’est autre que l’espagnol d’Espagne. Sauf qu’elle souffre de modifications lexicale, phonologique, morphologique et syntaxique (les deux derniers ne sont cependant pas aussi important) qui différencient le national de l’étranger, l’espagnol parlé en Argentine de celui parlé au Chili, en Bolivie et ailleurs en Amérique Latine.

Sources:

  • “Enciclopedia de Salvat del estudiante 17” Edición Salvat
  • “Gramática estructural”, Corfer
  • “Enciclopedia de la lengua 3”, Edith Bianchi de Cortina
  • “Enciclopedia temática guinnes II”, La Nación
  • “Lengua 3er curso 3er ciclo EGB”, Héctor Cufre. Editorial: Sainte Claire Editora 1996, Argentina.
  • www.elcastellano.org

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JB Vannier

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