Aconcagua – le Colosse des Amériques


Des deux côtés du Colosse des Amériques ont vécus les populations Araucanes et Aymaras. Plus tard les Incas arrivant du lointain Cuzco (Pérou) ont envahis ces régions en amenant avec eux leur culture et la douceur de leur langue, le Quechua. Il n’y avait pas de traces de leur passage par les hauteurs de la cordillère jusqu’à  ce qu’en 1985 une expédition de montagnards ait découvert une momie inca à  5000m d’altitude. Une jeune personne de 9-12 ans accompagnée de nombreuses toiles tressées, de plumes et de statuettes, comme une offrande aux dieux incas.
Après plus de 300 ans de domination espagnole, il faudra attendre le XIXème siècle pour entrer dans l’histoire de la conquête de la Cordillère des Andes. En 1817, le général San Martin franchit les Andes entre l’Aconcagua, le Tupungato et le Mercedario avec un corps expéditionnaire, pour prendre par surprise les troupes espagnoles stationnées au Chili et les battre: 5300 hommes, 9300 mules, 1600 chevaux passent à  plus de 4000 mètres d’altitude…

En 1833, sans données cartographiques et équipé de manière précaire, l’allemand Paul Gussfeldt tente l’ascension de l’Aconcagua et atteint 6560m. Les bases de l’andinisme sont jetées.

En 1835, l’expédition scientifique de Darwin jetta l’ancre à  Valparaiso. Avec le géologue français Pierre-Joseph Pissis les premières études scientifiques sur l’Aconcagua et ses alentours apparaissent.

L’Aconcagua, le plus haut sommet des Amériques culmine à  6959m, une montagne légendaire pour les alpinistes/andinistes.

Son sommet fut atteint en 1897 lors de l’expédition mené par l’alpiniste anglais Edward Eitz Erald.
Il choisit une route différente de celle de l’allemand et ouvre ce que l’on appelle la voie normale (par le puente del Inca et la vallée de los Horcones). Après plusieurs tentatives infructueuses, le guide suisse Mathias Zurbriggen conquiert la cîme le 14 janvier de cette même année. Puis d’autres membres de l’expédition réalisent la seconde ascension quelques jours plus tard.

Jusqu’en 1946, le sommet sera couronné d’une vingtaine d’expéditions.
Mais sa conquête ne s’arrête pas là , il reste l’immense paroi Sud de 3000m de dénivelé, en escalade de difficulté extrême et en artif au delà  des 6000m d’altitude.
L’expédition mené par René Ferlet en février 1954 donnera ses lettres de noblesses à  la voie Sud.

Origine du mot Aconcagua

Plusieurs hypothèses nous donnent l’origine du nom Aconcagua. La plus probable est Ackon-Cahuac qui signifie en langue Quechua la « Centinelle de Pierre » mais contredite par d’autres experts qui y voient les vocables AymaraAcon et Cagua pour signifier Monte Nevado (« mont enneigé »).

Quelques dates:

  • La première ascension: 14 janvier 1897 – Mathias Zurbriggen (Suisse)
  • La première ascension féminine: 07 mars 1940 – Adrienne Bance (France)
  • La première ascension hivernale: 15 septembre 1953 – E. Huerta, H. Vasalla et F. A. Godoy (Argentine)
  • La première ascension de la voie Sud: 25 février 1954 – Robert Paragot, avec René Ferlet, Guy Poulet, Adrien Dagory, Lucien Berardini, Pierre Lesueur et Edmond Denis (France)
  • La première ascension féminine de la voie Sud: 1984 – Marie Bouchard (France)
  • La première ascension de la voie Sud en solo: Janvier 1981 – I. Girardini (France)
  • La première descente en aile delta: Janvier 1981 –  Jean-Marc Boivin (France)
  • La première descente en parapente: février 1985 – Alain Estève (France, GMHM)
  • La première descente en speed flying: mars 2008 – François Bon (France)
  • Record de vitesse ascension + descente: Janvier 2013 –Carlos Gómes (Portugal) en 15h42mn. Parti de l’entrée du Parc à 2950m d’altitude, en passant par Plaza de Mulas à 4300m puis le sommet et redescendu au point de départ. Record certifié par les gardes parcs par l’acte 2154. Le sportif s’est pris en photo au sommet avec un écusson du parc qui lui avait été remis à l’entrée.

Carte topographique de l’Aconcagua – 6959m

Une ascension virtuelle de l’Aconcagua par la voie normale, c’est sur 360° Aconcagua